L’université française souffrirait de tous les maux :absence totale de liens avec l’entreprise, fort taux d’échec, filières bouchées… Elle ne serait que le lieu où les étudiants viennent s’inscrire, faute de mieux, c’est-à-dire faute d’être entré dans le sacro saint : les grandes écoles. Or, cette dualité université-grandes écoles est une exception française (qui n’existe pas dans toutes les matières puisque la médecine, la pharmacie, le droit ne s’enseignent qu’à l’université) et ne permet que de favoriser un certain élitisme.

Dans les autres pays, les grandes écoles sont les universités ! Les grandes écoles sont attractives pour les étudiants en raison des liens particuliers qu’elles entretiennent avec les entreprises. Mais il est faux de penser que l’université n’entretient aucun lien avec le monde professionnel. Les universités développent de plus en plus des forums université-entreprise. Par ailleurs, dans certaines disciplines, des stages sont obligatoires. Il est vrai que ce lien est encore assez ténu mais il existe. Il suffirait de le renforcer, comme le souhaite François Bayrou, pour redonne à l’université sa réelle place. Il pourrait s’agir, par exemple, de commencer l’année universitaire un peu plus tôt pour pouvoir insérer des stages de plus longues durées, donc plus formateurs et attractifs pour les futurs employeurs.
Par ailleurs, il paraît de bon ton de dire que l’enseignement est meilleur dans les grandes écoles qu’à l’université. Et le taux, certes faible, de réussite en première année ne permet pas d’étayer cette idée. Ceci est oublié que dans les « grandes écoles », la sélection s’est faite à l’entrée, ce qui n’est pas le cas à l’université. Par ailleurs, le niveau qui est actuellement exigé pour l’obtention du baccalauréat est loin de celui exigé à l’université, d’où le faible taux de réussite. La réelle « sélection » ne se fait qu’en première année à l’université. Bons nombres de jeunes bacheliers arrivent à l’université en ne maîtrisant ni l’orthographe et la syntaxe, en ne sachant pas lire correctement un sujet, en n’ayant aucune culture générale solide… Vouloir mener 80% de lycéens est, certes, une bonne intention si cela ne vient pas nuire à la qualité du diplôme. Il ne vaut pas préférer la politique du chiffre à celle de la qualité du diplôme.
Faire de la terminale une propédeutique, comme le propose François Bayrou est une très bonne idée car il faut que les futurs étudiants soient préparés tant au niveau exigé que des méthodes de travail.
De plus, une clé de la réussite en université est une meilleure orientation. Il faut garder une certaine logique entre le type de baccalauréat obtenu et la filière universitaire que l’on veut poursuivre.
Accabler l'université et la rendre responsable de l'échec de nombreux étudiants est injuste et infondé. L'ensignement délivré est bon, approfondi et solide. L'université a de nombreux atouts qu'il suffit d'exploiter et de faire croitre. Ainsi, l'idée fausse selon laquelle un étudiant choisit la faculté faute de mieux sera combattue car choisir d'aller à l'université est, et sera, une veritable chance.
Maud Woitier